( c'était le 27 février 2015, je raconte une histoire à Nor)


Il était une fois un petit garçon qui allait à la neige avec ses parents dans un endroit magnifique, un chalet isolé sur une colline entourée de hauts sommets, tous enneigés.

Le petit garçon venait du sud et il n'avait jamais vu ça!

Son papa et sa maman, qui avaient fait du ski avec le club de montagne de leur village lorsqu'ils étaient jeunes, se rappelaient qu'il y a des risques d'avalanches lorsque la neige "pourrit". Ils ont prévenu leur fils:

"Dylan, quand on sera à la montagne, ne te mets pas à crier, même si c'est très beau, parce que tu peux déclencher une avalanche, c'est la neige qui s'écroule et elle emporte tout sur son passage, s'il y a des randonneurs ou des skieurs dans la montagne, ils seront ensevelis, et ce sera très grave, les secours peuvent mettre du temps à les retrouver, ils peuvent mourir. Alors s'il te plait, souviens-toi bien, ne crie pas, ni de joie, ni de peur."

"Oui maman-papa!" a répondu Dylan comme il faisait d'habitude, et de toutes façons il ne savait pas vraiment ce qu'est une avalanche.

Pour accéder au logement  c'était loin, long et difficile, la famille a mis tant de temps qu'elle est arrivée de nuit au chalet. Maman-papa ont transporté Dylan endormi dans son lit bien douillet sous la couette, ils ne l'ont même pas déshabillé.

Dylan a grogné, et s'est retourné en serrant son doudou dans ses bras. Ses parents ont souri et sont allés se coucher à leur tour sans défaire leurs bagages. Ce serait pour le lendemain.

Au petit matin, une brume terrible, le chalet était dans le coton, on n'y voyait pas à deux mètres et Dylan n'a pas pu admirer le paysage. Il s'est douché, il s'est habillé tout propre avec sa belle combinaison de ski, et son bonnet rouges "c'est pour mieux te voir mon enfant!" avaient dit maman-papa, sur la neige blanche c'est radical, OK! d'ailleurs le rouge était l'une de ses couleurs préférées.

"C'est quand qu'on va voir la neige?" avait demandé Dylan un peu déçu et très curieux, maman-papa avaient haussé les épaules et pointé leur index en direction de la baie vitrée "la météo, on n'y peut rien!", puis ils avaient continué à défaire les valises.

Dylan avait accepté, et il était retourné dans sa chambre pour sortir un des jeux qu'il avait emporté en cas de crise, de guerre, ou de mauvais temps!

A midi, il ne restait rien de la brume et le soleil brillait magnifique, Dylan s'en était rendu compte à la différence d'intensité dans l'éclairage, il se sentait le coeur plein de joie et l'estomac dans les talons. Les parents ne s'étaient aperçus de rien, ils avaient le nez collé à une émission de télé, c'étaient des jeux interactifs auxquels ils avaient l'habitude de participer les jours de congés, mais que Dylan n'aimait pas parce que c'est des questions pour les adultes, et lui, il ne savait jamais aucune réponse alors il ne gagnait jamais.

"Maman-papa! il fait beau! je peux sortir jouer dehors? et on mange quand, j'ai faim moi! pas vous?"

Tous trois ont donc mis le nez dehors, c'était très surprenant pour Dylan surtout et il avait failli crier et battre des mains, mais son papa lui avait mis la main devant la bouche juste à temps "tu te rappelles Dylan? les AVALANCHES!"

"mmm ppp" avait répondu Dylan en écartant la main de son papa, et ils s'étaient mis à rire, mais pas trop fort quand même, on ne sait jamais!

"Je peux aller jouer dehors? pendant que vous préparez le repas"

Papa avait fouillé dans sa poche et tendu un portable à Dylan: "Oui, ne t'éloigne pas, ne crie pas et si quoi que ce soit arrive, tu appelles, d'accord? de toutes façons, ne franchis pas la barrière!"


La barrière était loin, et papa l'ignorait, il n'avait vu des photos du site que sur internet, et c'étaient même des photos de synthèse sensées représenter le lieux de la location!

Dylan, ne se sentant plus de joie était parti à l'autre bout du terrain, aussi vite que la neige fraîche le lui permettait, il n'avait pas de raquettes, mais tant mieux, lever les jambes, ça l'occupait pour un moment et c'était "sportif"!

Une merveille! comme dans des films d'animation qu'il avait vus au ciné: la reine des neiges par exemple! c'était génial!

et quand il arriva tout au bout du bout, là où la clôture encore un peu visible empéchait qu'on tombe dans un genre de ravin, il s'arrêta prudemment.

Il regardait toutes ces étendues blanches et scintillantes comme de la chantilly, le ciel bleu au-dessus, sans un nuage, c'était tout simplement TROP beau!

et comme il savait qu'en montagne on peut entendre "l'écho", c'est ce que disait son prof de sciences de la vie, il pensait que ce serait une bonne occasion de vérifier, là, loin du chalet, en plein milieu de "rien".


Alors il s'est mis à dire son nom "Dylan, Dylan", d'abord d'une petite voix, puis d'une voix moyenne, enfin d'une voix forte, en espérant que l'écho lui revienne, une fois, plusieurs fois, et soudain, un grand fracas, un grondement, comme un tremblement de terre! l'Avalanche!

C'est à peine s'il avait compris ce qu'il se passait, il y avait encore des petits nuages de poudreuses, là en face, loin, et la chantilly s'était détachée de la montagne, en se penchant, on ne voyait plus aucun arbre sur cette coulée, et le bruit s'était tu. En bas, tout en bas, un éboulis de grosses masses blanches tachées de noir, de marron et parsemées de traces de feuillages et de troncs ou de racines, l'horreur totale et ce silence!

Que faire?

Rentrer au chalet comme si de rien n'était?

parce que s'il disait qu'il avait crié, la punition des parents serait terrible, peut-être qu'il n'aurait plus le droit d'apprendre à skier, peut-être que maman-papa rentreraient immédiatement avec lui dans le sud, chez eux! 

peut-être qu'il n'aurait aucun cadeau pour son anniversaire et sa fête, pas le droit d'inviter des copains, qu'il serait privé de piscine et de desserts pendant 3 mois et que...

Mais il se rappela que maman-papa avaient parlé de randonneurs, de skieurs qui pouvaient être emportés et recouverts par l'avalanche, et mourir sans secours. Il se pencha à nouveau et vit un tout petit point rouge et jaune, un sac? un bonnet?

Alors il s'est décidé: "j'appelle et je dis ce qu'il s'est passé".


"Papa c'est terrible, j'ai vu une avalanche devant moi, et je crois qu'il y a des gens dessous

_ Où es-tu fiston? as-tu du mal?

_ Au bout du terrain, je n'ai rien, c'est en face, en bas, à côté d'un lac!

_ Surtout ne bouge pas, j'appelle les secours et je te rejoins, sois patient et regarde ce qu'il se passe en bas, j'arrive, n'aie pas peur!

Son père appela immédiatement les secours et grâce à la rapidité du petit Dylan et à ses explications précises, les secours ont pu être sur place en quelques minutes. Les chiens ont pu retrouver tous les randonneurs emportés, ils étaient tous vivants, les blessés ont pu être soignés aussitôt.


Tout est bien qui finit bien?

 

Dylan avoua avoir un peu crié avant l'avalanche, ce ne fut pas facile, mais il se sentit mieux d'avoir expliqué ce qui avait provoqué le drame.

Bien sûr, il n'a pas été porté en triomphe, non, une bêtise, et celle-ci avait de lourdes conséquences, n'est pas à féliciter, par contre tout le monde le remercia d'avoir dit immédiatement la vérité, de n'avoir pas hésité à prévenir, tout le monde félicita ses parents qui l'avaient très bien élevé en lui donnant de bonnes consignes. 

Heureusement maman-papa avaient une bonne assurance responsabilité civile à jour de cotisations, ainsi tout se passa au mieux pour assumer et partager les nombreux frais occasionnés par l'avalanche, dont Dylan ne fut pas déclaré totalement responsable, ce couloir venait d'être signalé comme critique, le maire de la commune n'avait pas eu le temps de l'interdire pour déclencher une avalanche volontaire préventive et le responsable de la station de ski n'avait pas pu prévenir les usagers des pistes et hors pistes. Que de malchances!


Dylan calligraphia consciencieusement plusieurs fois "je prends au sérieux les recommandations de prudence", il rendit visite aux personnes blessées et alitées, tout cela lui coûta beaucoup, il était très timide, mais il trouva que la punition n'était pas trop lourde. Ses parents le félicitèrent pour son courage d'avoir dit la vérité. Le temps resta au beau fixe pendant tout le reste du séjour, Dylan alla à ses cours de ski chaque matin et put skier l'après-midi avec ses parents sur les pistes vertes et bleues. Il n'oublia pas de mettre son casque pour pratiquer les sports de neige, parfois il peut y avoir d'autres  petits enfants vacanciers crieurs cachés dans des chalets ou des refuges de montagnes, alors gare!

En somme, maman-papa étaient très fiers de leur petit ourson, euh, non, de leur montagnard Dylan.


De retour à la maison, maman-papa, avec l'accord de Dylan, inscrivirent leur fils à un camp de montagne environnemental, et au cours de secourisme hebdomadaire organisé par les pompiers volontaires du village, d'ailleurs Dylan a dit: "Moi je veux faire secouriste en montagne!" alors tout le monde est d'accord pour l'encourager.



Et cric et crac, mon counte es acabat!

Comme je l'ai inventé, je vous l'ai reconté!


AMAXI